30/10/2014

Une Corse dissociée de la nation

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Quand les historiens se mettent au travail, les idéologues peuvent se faire du souci. Ainsi de la Corse, où une certaine vulgate ressasse que si l'île s'est retrouvée dans le giron de la France, ce fut contre son gré  qui, si elle n'était pas vouée à devenir française, a tout fait pour le rester.


Bastion bonapartiste, la Corse adhère de manière progressive à la IIIe République C'est à travers l'épopée impériale que la Corse s'est identifiée à la France, avant, par le biais de l'école, de se convertir au culte de Marianne. Entre la Corse bonaparto-catholique et celle du radicalisme franc-maçon, la lutte sera rude, mais franco-française. Ce n'est qu'après la Grande Guerre que naît la mouvance «corsiste», qui, encouragée par l'Italie fasciste, évoluera vers l'irrédentisme. Et c'est à la fin de l'Empire colonial que l'idée d'une Corse dissociée de la nation resurgit, initiée par des déçus de l'Algérie française. Paradoxalement, c'est quand la Corse bénéficie de l'effet des Trente Glorieuses, notamment par le tourisme, que le malaise s'accroît. Le rapport à l'autre a changé, remarquent les historiens : dans la société traditionnelle, l'échange avec l'étranger s'organisait à travers l'hospitalité ; aujourd'hui, la relation s'établit sur la base marchande.


Plus que jamais, la Corse a besoin de se regarder en face.

17:23 Publié dans France, Voyage | Lien permanent | Commentaires (0)

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