13/06/2016

Sur une période de dix ans, l'augmentation du nombre d'inscrits dans les consulats étrangers frôle ainsi... les 40% !

Et le phénomène s'accélère : sur les deux dernières années, elle a même atteint 13,8%.

Au total, la population française à l'étranger est estimée à 2,2 millions de personnes, dont 1,2 million inscrites dans les consulats. Et douze sénateurs les représentent.

Qui sont ces Français qui partent ? Tantôt le retraité qui recherche au Maroc soleil et meilleur niveau de vie ; le pré-senior, ou le quadra, qui trouve à l'étranger le poste qu'on lui refuse dans l'Hexagone en raison de son âge, ou les jeunes diplômés qui y font leurs premières armes - un jeune HEC sur trois quitte la France. D'autres recherchent un eldorado fiscal ou entrepreneurial, de l'espace ou des terres d'aventure, décidés à quitter un pays trop rétréci, à tout redémarrer à zéro.

Les pays qui font rêver ? Pas toujours les pays classiques d'émigration, tels les Etats-Unis, le Royaume-Uni ou la Suisse, mais des contrées plus lointaines ou exotiques. Le Canada, la Chine, Madagascar ou les Emirats arabes unis, par exemple, portent les espoirs de ces conquistadores français. Petit tour d'horizon sur nos compatriotes globe-trotters.

17:56 Publié dans France | Lien permanent | Commentaires (0)

22/08/2015

Jusqu'où le pétrole peut baisser ?


Trois jours après la retombée des cours sous 40 dollars pour le brent à Londres et aux alentours de 43 dollars à New York, les marchés pétroliers restent en proie à toutes les interrogations. «Outre la forte volatilité des cours depuis plusieurs mois, ce ne sont pas quelques statistiques américaines (sur l'état des stocks), assez surprenantes au demeurant, qui vont fixer la tendance de manière intangible», commente Olivier Rech, économiste à IFP Energies nouvelles (IFP). D'autant plus que le reste des matières premières est aussi en chute, ainsi le cours de l'or a brutalement chuté.

 

les stocks US en hausse.


En marge d'un certain nombre d'éléments conjoncturels – stocks américains en hausse, hiver clément pour le moment, repositionnement des spéculateurs–, le repli du baril est également alimenté par la modification de quelques grandes variables macro-économiques: «Le ralentissement de la croissance en Chine, aux États-Unis et dans une moindre mesure en Europe, qui se traduit par une baisse de la demande de pétrole, pèse sur les cours à la baisse», souligne Frédéric Lasserre, directeur de la recherche sur les matières premières à la Société générale.


Le cas de la Chine est d'autant plus notable que ce pays, dont la consommation de pétrole devrait augmenter de 15% en 2015, fait figure depuis le début de l'année de véritable épouvantail pour les marchés pétroliers. Il n'est pas une statistique qui ne se fasse écho de la gourmandise exponentielle de Pékin en matière d'hydrocarbures: selon les dernières estimations de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), les importations de pétrole en Chine devraient atteindre près de 10 millions de barils par jour d'ici à 2030, contre 2 millions de barils actuellement. La Chine rattraperait ainsi les États-Unis.

Position de L'opep


Dans le contexte actuel de repli des prix, la position de l'Opep est évidemment observée avec attention, car elle est de nature à confirmer ou non la donne. Le cartel, qui se réunit vendredi prochain, 10 décembre, au Caire, se veut pour le moment rassurant. Ses représentants certifient qu'ils vont maintenir la production à un niveau élevé. Actuellement, l'Organisation produit quasiment à plein régime, près de 30 millions de barils par jours (mb/j), alors que ses quotas sont fixés à 27 mb/j.
«Il n'empêche, quel que soit le prix du brut, élevé ou moins élevé, dès que ce prix baisse, l'Opep s'inquiète et tente de réagir, au moins verbalement. La baisse enregistrée actuellement va l'obliger à se dévoiler», souligne Olivier Rech.
Cela ne veut évidemment pas dire qu'il faille attendre de grands bouleversements lors de la réunion du Caire. «A priori, l'Opep n'annoncera pas de modification de ses quotas, en revanche, au cours des semaines à venir, elle devrait réduire son offre, consciente aujourd'hui d'avoir sur-réagit, quand les prix se sont envolés, en produisant un peu trop de pétrole. Au printemps, il sera toujours temps d'entériner officiellement une baisse de la production», expose Frédéric Lasserre.
En tout état de cause, depuis le début de la flambée du baril – qui avait caracolé au-dessus des 50 dollars–, l'Opep a toujours martelé qu'elle n'était responsable en rien de cette fièvre et que le marché continuait d'être, sur le plan physique, parfaitement approvisionné.
Reste que le cartel a bien l'intention d'exploiter durablement cette poussée. Hier, Purnomo Yusgiantoro, le président indonésien de l'Opep, a souligné que l'Organisation souhaitait désormais que le prix du baril s'inscrive dans une fourchette oscillant entre 28 et 30-32 dollars le baril. Or, jusqu'à présent, et depuis quelques années, l'Opep s'appuyait sur une «bande» de 22 à 28 dollars qui, devait, du moins au début, la pousser à agir sur ses niveaux de production.
Quoi qu'il en soit, pour le consommateur, le recul du brut passe encore inaperçu. Il faudra attendre au moins trois semaines, voire plus, pour que les compagnies pétrolières répercutent la baisse à la pompe. «L'expérience montre qu'elles sont plus rapides à répercuter une hausse qu'une baisse», ajoute Frédéric Lasserre. En attendant, l'euro fort par rapport au dollar permet de limiter un tant soit peu le prix élevé des carburants.

13:59 Publié dans Bourse | Lien permanent | Commentaires (0)

22/04/2015

Pays Hakkas, forteresses de terre et d'argile

Les forteresses paysannes du pays Hakkas dressent leurs surprenantes architectures au milieu des rizières ou en lisière des forêts de bambous. Surgies du chaos de l'histoire de la Chine méridionale, elles ont résisté à tous les fléaux depuis la dynastie Ming. Cinq cent mille personnes les habitent toujours dans le respect de traditions ancestrales. (PHOTO, Wikipedia, Hakka people)

Snail_pit_tulou.jpg


Dire que la famille de Li Wenjong est innombrable donne un faible aperçu de la réalité. Il arrive à l'honorable monsieur Li de faire quelques confusions entre les 412 membres dont il est le doyen. On peut lui pardonner. Ce jeune homme de 92 ans, alerte et pétillant, illustre la vivacité des vieillards du pays Hakkas. Il suffit de constater son empressement à rejoindre la célébration du Dafu (la fête de la Grande Joie) en compagnie de son petit-neveu Li Taisheng, âgé de 67 ans. Comme la plupart des anciens, le vieil homme a revêtu son costume Mao. Il a franchi le seuil de son château d'argile. La tour Huanjilou a été construite en 1693 et abrite 300 autres paysans. Puis il a parcouru les 3 kilomètres qui le séparent du village de Hukeng. C'est ici qu'a lieu la fête du Dafu, exclusivement célébrée par le clan Li une fois tous les trois ans. La notoriété et la grandeur du clan Li ne datent pas d'hier. Le fondateur du taoïsme, Lao Tseu, ne s'appelait-il pas Li'Er ! Jusqu'au président actuel de Taïwan, Li Denghui, les références prestigieuses ne manquent pas. Mais qu'on ne s'y trompe pas, les Li ne sont ni les Durand ni les Smith. Ils ont tous un ancêtre en commun, et les généalogies remontent en moyenne à plus de 24 générations. Chez les Hakkas, le clan Li représente de 7 000 à 8 000 personnes réparties sur une dizaine de villages. En cette journée d'octobre, c'est donc un événement majeur pour les milliers de Li, massés sur les routes poussiéreuses menant à Hukeng. Depuis la fin de la dynastie Ming (1368-1644), les villages des familles Li organisent à tour de rôle la fête du Dafu. La date de celle-ci est fixée en fonction du calendrier lunaire et, six jours durant, les paysans doivent se conformer à une alimentation végétarienne. Tous les descendants du clan sont très liés entre eux par des devoirs de solidarité et un profond respect de la tradition. Le clan Li est parvenu à conserver son identité depuis au moins cinq siècles. Longtemps exposées dans les temples, les précieuses généalogies sont tenues secrètes. Unies dans le culte de l'ancêtre commun, les familles convergent vers le centre du village de Hukeng, un des grands foyers de développement de la culture hakkas.


Le Tulou Fuyu est la plus grande ferme des Hakkas.


Il y a plus de dix siècles que cette communauté s'est constituée. Fuyant les guerres et les famines qui sévissaient dans la vallée centrale du fleuve Jaune autour de l'an 1000. Les Hakkas entreprirent une longue migration pour se réfugier dans le sud-ouest de l'actuelle province du Fujian. Les populations rurales en place accueillirent ces immigrants en leur donnant le nom de «hakkas», les «invités». Ces derniers, lassés des tumultes et des pillages successifs, bâtirent des fermes fortifiées uniques au monde. Les tulous (maisons de terre) furent érigées d'abord le long de la rivière Tingjiang, la rivière nourricière des Hakkas. Un assemblage étrange de tours rondes, demi-rondes, carrées ou rectangulaires, à plusieurs étages, se dressèrent sur les flancs des vallées luxuriantes. Les tours rectangulaires, les plus nombreuses, sont souvent les plus anciennes. Dans le village de Hulei, le Tulou Fuxing date de 766, et une vingtaine d'habitants y vivent toujours. Les tours rondes, plus complexes à bâtir, apparurent à la fin la dynastie Ming. Entre-temps les Hakkas s'étaient enrichis en développant avec succès la culture du tabac. Ils pouvaient s'offrir le luxe de bâtir de véritables forteresses.


En 1948, l'armée révolutionnaire assiège certaines forteresses hakkas, supposées abriter des sympathisants de Tchang Kaï-chek. Le siège est levé quand l'armée populaire réalise qu'elle est incapable d'investir ces fermes. Cette architecture de terre, pour le moins insolite dans un paysage rural, a aussi fait l'objet d'une funeste méprise de la part des satellites américains dans les années 60. De grands stratèges militaires avaient pris ces tulous millénaires pour des bases secrètes abritant des missiles à longue portée !

Massés sur le pont de la rivière Hukeng, les hommes du clan Li ont déroulé des bannières immenses aux couleurs éclatantes. Li Wenjong a rejoint un groupe d'hommes tenant des cierges d'encens. Plus de 4 000 personnes marchent vers le temple de Maangong situé à l'écart du village.


Les femmes, toujours les plus ferventes, se bousculent autour du prêtre. Face à la marée d'offrandes, elles ne cessent de s'incliner devant les autels symbolisant les plus prestigieux ancêtres des grandes familles Li. Des fidèles font brûler des liasses de papier représentant de l'argent. Ici, la religion est une affaire d'efficacité, et le cheminement spirituel consiste à prier notamment les ancêtres divinisés.


Li Taisheng s'est échappé du tumulte. En amont du village, un sentier se faufile entre les tulous désertés et la rivière Hukeng. Au point de rencontre des deux affluents qui l'irriguent, un somptueux banian suspend ses ramures de colosse au-dessus des eaux agitées. Au même titre que ses plus lointains ancêtres, Li Taisheng vénère cet arbre pluricentenaire. Des lambeaux de tissus rouges à la base du tronc signalent la présence d'une puissante divinité. En face de lui, le Tulou Fuyu, la plus grande ferme fortifiée de forme rectangulaire. Elle couvre une surface de 7 000 mètres carrés. Un dédale de porches et de couloirs mène à trois cours intérieures successives, où subsistent des traces de l'architecture mandarinale.


Sous les alignements de balustrades en bois, à l'ombre d'un temple tombé en décrépitude, trois hommes attablés accueillent Li Taisheng pour une rituelle partie de mahjong. Sur les murs, il ne reste que les empreintes jaunies des sculptures en bois, des paysages peints et des généalogies disparues dans le naufrage de la révolution culturelle. C'est finalement Li Kong qui remporte les quatre parties en empochant 100 yuans. Un cri de joie, inhabituel chez les Chinois généralement peu démonstratifs, fait voler son mégot, qui vient s'échouer sur le duvet d'un gallinacé qui passait par là.

La famille de Li Kong habite le fameux Tulou Fuxing, dans le village de Hulei. Les Kong ont toujours vécu dans cette ferme. Autrefois cernée par des fossés et dotée d'un pont-levis, son système défensif était très sophistiqué. Mais rien n'était trop parfait pour cette famille qui prétend avoir pour ancêtre rien moins que Confucius.


Le lendemain, d'autres événements festifs se déroulent à un rythme endiablé. Li Yongrong a accueilli les premiers invités dès six heures du matin. Sa future femme, Li Shuirong, doit, selon la tradition, attendre à l'extérieur de la maison avant d'en franchir le seuil au bras de son époux. Le calendrier lunaire est formel, c'est un bon jour pour se marier. A l'écart des invités, plongée dans un profond mutisme, la jeune femme tient un parapluie rouge. Elle semble statufiée, indifférente à la ferveur. Le soleil s'étire lentement. Il est sept heures du matin. Devant la farandole des petits plats mitonnés, il est impossible d'échapper à l'insistance du maître de maison. Les rasades d'alcool de riz se chargent de faire passer les oeufs de «cent ans» (conservés trois mois dans un mélange d'argile et de paille), les chenilles marines frites, le pigeon fumé au bois de camphrier, la tête de poisson...


Dans les familles du clan Li, une légende raconte que les Hakkas ont modelé les montagnes avec la même argile que celle utilisée pour bâtir leurs fermes fortifiées. Leur faudra-t-il dresser d'autres remparts d'un genre nouveau pour tempérer l'ardeur du modernisme chinois ?

11:58 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (0)